8 raisons qui montrent les limites de l’effarouchement par fauconnerie

rapace fauconnerie regard perçant

L’effarouchement par la fauconnerie consiste à utiliser des rapaces dressés pour éloigner durablement des espèces d’oiseaux envahissantes : pigeons, étourneaux, goélands… La simple présence de rapaces crée un signal de danger pour tous ces oiseaux. Mais est-ce efficace ? Ça fonctionne vraiment ? Chez Bât’Hygiène nous estimons que l’effarouchement par fauconnerie a une efficacité ponctuelle mais montre des limites sur le long terme, concernant le pigeon des villes. Découvrez 8 arguments imparables après nos nombreux tests sur le terrain :

1 – L’effet d’effarouchement n’est que temporaire

Lors de nos audits sur le terrain, nous constatons que l’effarouchement par rapace provoque, certes, une fuite immédiate des volatiles indésirables …toutefois dès que le rapace a quitté la zone à traiter, les pigeons (spécifiquement le pigeon biset) reviennent souvent quelques heures, ou quelques jours plus tard. L’action est donc limitée dans le temps… La fauconnerie nécessite la présence physique d’un fauconnier et de son rapace à temps plein… Il est donc impossible d’assurer une protection permanente, contrairement aux systèmes physiques (filets, pics, obturation), qui permettent de protéger un bâtiment 24h/24.

2 – Les pigeons s’habituent rapidement

Les espèces opportunistes, comme les pigeons ou les étourneaux, s’habituent vite aux signaux de danger que génèrent les rapaces, surtout quand les interventions sont ponctuelles. On constate alors une moins bonne efficacité.

3 – Peu d’efficacité sur les sites offrant nourriture et abris

Dans les environnements agroalimentaires, logistiques ou urbains (certains entrepôts ou usines de transformation), la présence de sources de nourriture attire constamment les oiseaux. Un rapace n’apporte pas l’efficacité attendue dans ce cas de figure.

4 – Difficulté d’intervention dans certains environnements

Sur de nombreux sites industriels, les structures métalliques, piliers, machines, lignes électriques, zones couvertes, limitent fortement l’efficacité du vol des rapaces, tout simplement parce que l’effarouchement des pigeons repose d’abord sur la visibilité du prédateur. Un rapace qui ne peut pas être vu ou qui ne peut pas manœuvrer librement est moins opérant.

5 – Peu de rendement contre les pigeons déjà installés

Lorsque qu’un oiseau vit sur une zone en colonie, ou lorsqu’il a fait son nid quelque part, son désir de rester est plus fort que sa peur du faucon. Ainsi les pigeons biset déjà installés peuvent être déplacés mais cela reste temporairement – irrémédiablement ils veulent revenir sur la zone.

6 – Le périmètre d’efficacité est trop restreint

Le périmètre d’efficacité de l’effarouchement peut s’avérer trop restreint malgré tous les efforts. Nous observons régulièrement que les pigeons quittent une zone dangereuse, mais qu’ils se posent à quelques encablures, plus loin, sur le même site. Ces oiseaux, quand ils sont indésirables, ne sont donc jamais définitivement repoussés.

7 – Coût important pour un résultat non durable

Comme on l’a vu précédemment, pour maintenir une pression efficace, les interventions doivent être très régulières, ce qui entraîne finalement des coûts élevés, sans avoir trouvé de solution définitive.

8 – L’effarouchement par fauconnerie ne traite pas la véritable cause du problème

L’effarouchement agit directement sur le comportement des oiseaux, mais il ne traite ni les accès aux bâtiments ni les zones de nidification.

Faucon sur gant, ailes déployées

CONCLUSION

Bien que l’effarouchement par fauconnerie soit séduisant, il reste une solution éphémère que nous ne préconisons pas chez Bât’Hygiène pour un dépigeonnage. L’accoutumance rapide des oiseaux, les contraintes techniques liées à l’environnement et un coût d’exploitation élevé font de cette méthode une solution non performante. Pour résoudre durablement les problématiques de nuisances aviaires, nous privilégions des solutions « structurelles ». Plutôt que de tenter d’effrayer les populations d’oiseaux déjà installées, l’effort doit porter directement sur les sites :

  • L’obstruction « mécanique » : mise en place de dispositifs physiques (pics anti-pigeons, filets anti-pigeons, fils tendus) empêchant l’accès aux zones de nidification et de repos.
  • La gestion des ressources : suppression de l’accès aux sources de nourriture et aux abris potentiels par une optimisation rigoureuse des bâtiments.

Seule une approche globale et préventive, qui agit directement sur les causes environnementales de l’infestation, garantit un assainissement efficace et une maîtrise des coûts sur le long terme.

FAQ de l’effarouchement par fauconnerie :

 

En quoi consiste la fauconnerie ?

C’est l’art de dresser des rapaces pour la chasse ou l’effarouchement. Le fauconnier élève et entraîne des oiseaux de proie. S’il intervient en protection aviaire, son action reste limitée par divers facteurs qui empêchent un résultat probant contre les pigeons des villes.

Pourquoi effaroucher les étourneaux ?

Les étourneaux posent un problème bien particulier : ils se déplacent en groupes immenses (parfois des milliers d’oiseaux) et peuvent provoquer des dégâts importants en très peu de temps.

Qu’est-ce que la fauconnerie urbaine ?

C’est l’utilisation, en ville, de rapaces dressés (faucons, buses, aigles) pour réguler la présence d’oiseaux indésirables – sans les blesser, sans les capturer.

Quel est l’effaroucheur d’oiseaux le plus efficace ?

L’efficacité des effaroucheurs est bien souvent temporaire et dépend fortement du contexte et de l’espèce. Néanmoins un prédateur est intéressant pour éloigner la plupart des espèces sauf le pigeon biset.

De quoi les oiseaux ont-ils le plus peur ?

Ils craignent la prédation directe, c’est leur peur N°1. Le simple passage d’un rapace suffit à vider un toit rapidement. Toutefois une peur simulée par un rapace peut rapidement s’estompe face à l’attractivité d’un site.

 

 

Sylvain Mo

Sylvain Mo: Expert en dépigeonnage et autre risque aviaire, Sylvain a consacré 20 ans de sa vie à résoudre les problèmes liés aux volatiles pour ses clients en mettant l’accent sur le bien-être animal. Scientifique et expert reconnu de la question, il vous accompagne avec son blog bat’hygiene pour toutes vos questions concernant le contrôle aviaires.